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Le tourisme durable – quel avenir pour les îles de l'océan Indien?

Vendredi 9 Mars 2012

«Reconnaissant la dimension importante et le rôle du tourisme comme instrument positif propre à atténuer la pauvreté et à améliorer la qualité de la vie de tous les peuples, sa contribution potentielle au développement socio-économique en particulier dans les pays en développement, et sa fonction naissante de force vitale pour la promotion de la compréhension, de la paix et de la prospérité internationales. (Résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies – 21.12.2001)


Le tourisme durable  –  quel avenir pour les îles de l'océan Indien?
Dix ans après, le concept qui fait le buzz sur tous les sites économiques et touristiques en ce moment, « le tourisme durable » n’est plus à un stade de fragile utopie.  Le secteur du tourisme, première industrie de la planète, porte fièrement son nouveau credo du « tourisme éthique » et le présente sous toutes les coutures : écotourisme, passeport du tourisme vert, escales au sein de la natures authentique des îles, voyages et consommation «équitable », tourisme solidaire, tourisme citoyenne, voyages éco-capital
 
Entre la surenchère de communication sur le sujet et les politiciens qui ont en fait un outil de campagne électorale,  il y a de quoi s’y perdre. Et les voyageurs peu ou mal informés penseront que c’est encore autre vague de tendance qui passera.  Détrompez-vous. Au coeur cette tendance se trouve le tourisme de demain.
 


Durable pour Qui ? Pourquoi ? Comment ?

La nécessité de trouver une charte du tourisme éthique a pris toute son ampleur  lors de la première conférence sur le tourisme durable de l’OTM, l'Organisation Mondiale du Tourisme, en 1995.  Le concept de "voyager autrement et de tourisme durable" a été officiellement adopté afin de limiter les conséquences du tourisme de mass à travers le monde.
 
Selon l’OTM le nombre de touristes devrait atteindre les 1,5 milliard  en 2020, soit 21% de la population mondiale. En dehors des bénéfices économiques, un tel déplacement de population peut avoir des résultats dramatiques sur la population du pays d’accueil. Les impacts socioculturels tel que la détérioration de la situation sociale (tourisme sexuelle, augmentation du rift riche-pauvre), l’érosion culturelle et les enjeux sur l’environnement : surexploitation des ressources naturelles, pollutions multiples ; sont loin d’être négligeables.
 
La  prise de conscience du revers de la médaille a fait évoluer l’industrie du tourisme et compte aujourd’hui de plus en plus d’acteurs engagés dans une démarche de tourisme éthique que ce soit les agences de voyages, les offices du tourismes,  les chefs de gouvernement, les organismes de veille ou les associations indépendantes.  N’oublions pas l’engagement du voyageur, qui de part son exigence d’un label qualité,  reste l’acteur principale du développement durable. 

Et nos îles dans tout ça ?

Le tourisme durable  –  quel avenir pour les îles de l'océan Indien?
Les îles de l’océan-indien sont-elles à l’heure des tendances du tourisme durable? Après des années d’exploitation sans limites  de leurs zones côtières, de nombreuses îles dépendantes du tourisme se sont rendues comptes, hélas avec un peu de retard, que la nature, aussi généreuse soit-elle, et le fragile écosystème qui l’entour, ont des limites et s’épuisent.  Les campagnes entreprises pour limiter les dégâts ne sont qu’une démarche récente. 
 
Madagascar, a en effet développé un écotourisme dit « d’aventure ».  Cette année encore l’Office national mises toutes ses cartes sur le tourisme durable pour redorer son image. «Madagascar a une belle carte à jouer dans le tourisme durable, d’autant que ce type de tourisme est en vogue. Le pays a encore un environnement, des cultures et coutumes à préserver. Le tourisme durable, c’est l’ensemble de tout cela », a expliqué Éric Koller, le nouveau président de l’OTM lors de la présentation des nouveaux membres du conseil d’administration le 19 janvier 2012.  Des grandes ambitions qui exigeront d’aussi lourdes investissement certes, mais qui promettent d’être largement profitables à long termes. Notons d’ailleurs cette année, la présence du Directeur de l'organisation mondiale du tourisme au premier "Salon international du tourisme de Madagascar " du 31 mai au 2 juin 2012 à Antananarivo.
 
Vitrine du tourisme de luxe mondiale, l’île Maurice s’est lancée dans le tourisme responsable il y a trois ans avec le déploiement nationale de la campagne Maurice Ile Durable (MID), en 2009.  L’île ne perd pas sa dynamique d’un service haut de gamme même lorsqu’elle propose une excursion en montagne.  Randonnée en 4x4, balade à cheval, repas à base des produits du terroir dans le cadre exubérant d’un domaine privé, ateliers de cuisine avec les produits cultivés sur le domaine, l’île Maurice relève le défi du tourisme durable en montrant qu’on peut allié luxe et environnement.
 
Egalement habituées à une clientèle feutrée, les Seychelles ont d’ores et déjà développé un écotourisme tourné davantage vers le luxe. Couronnée meilleur île verte privée au World Travel Awards (WTA) 2012, Frégate island est un écrin de verdure préservé dans un riche manteau de biodiversité et joui d’une réputation de destination haut de gamme.  Parallèlement elle œuvre sur trois principaux chantiers : le commerce équitable en vendant les objets artisanaux de la population locale, la reforestation de l’île par des plantes indigènes, la gestion des déchets et l’exploitation des énergies renouvelables. Au plan national, en novembre 2011, les Seychelles ont lancé leur label de tourisme durable, un programme mis en place par l'Office du tourisme des Seychelles en collaboration avec l'Unité de GOS-UNDP-GEF Programme Coordination Unit et avec le financement du Fonds pour l'environnement mondial (FEM). C'est le premier système de certification du tourisme durable pour encourager les hôtels et d'autres établissements touristiques à intégrer les principes de durabilité dans leurs opérations quotidiennes.
 
L’île intense, La Réunion, a érigé le tourisme au « priorité Régionale 2010 –2014. » L’année 2010 était d’ailleurs déclarée comme « l’année du Tourisme » par le Conseil Régional qui relance le mouvement en plaçant 2012 sous l'année du développement durable.   L’île inscrite au patrimoine mondial en août 2010 pour ses cirques, pitons et remparts, a flairé le fort potentiel économique de ce label et véritable accélérateur dans la stratégie touristique de La Réunion « Verte ». D’ailleurs les dernières campagnes promotionnels de l’IRT illustres bien le coté nature, découverte et randonnée de la destination.  A travers son réseau Villages Créoles, le paysage touristique s’est transformé en échange équitable et solidaire mais toujours dans l’intention de préserver l’authentique.  D’où la mise en place des éco-labels par Réunion Qualité Tourisme (RQT) tel que le label « Villages Créoles » et « La clé verte ». Le  Comité du Tourisme Réunionnais (CTR) a d’ailleurs réalisé un « Guide Eco » regroupant les établissements homologués, « engagés pour un Tourisme Responsable et Respectueux de l’Homme et de son Environnement ».
 
Membre du concept touristique « Les Iles Vanilles », créé il y a un an, les îles Comores présentent un potentiel d’un grand intérêt du point de vue de la faune et la flore, du paysage (avec ses plages et son volcan) et du métissage culturel. Un véritable coin de paradis.  Afin de préserver son patrimoine naturel, matière première du tourisme comorien, de véritables efforts ont été déployé par la Politique Nationale de l’Environnement afin  de concilier  tourisme et développement durable.  L’une des mesures cadres envisage d’impliquer d’avantage la population dans l’économie touristique  afin de modifier son comportement et la rendre plus sensible à la préservation et la conservation de ses sites d’intérêt touristique. Les pouvoirs publics locaux ont également mis en œuvre une politique d’aides directes, dont le dessein est de favoriser la modernisation et l’extension des hôtels.

Après un premier pas dans la promotion de l’éco-tourisme grâce au programme régional du Tourisme de la Commission de l’Océan Indien (COI) et financé par l’Union Européenne (UE), la situation demande à être davantage soutenue afin que les Comores puissent  rivaliser  avec la concurrence dans l’océan Indien qui est de plus en plus forte.
 
Conscientes de leurs insularités et du besoin commun de se regrouper pour faire face à cette concurrence,  Maurice, La Réunion, Seychelles, Madagascar, Mayotte et Les Comores se sont unies sous l’ombrelle des îles Vanille.  Un nom exotique qui rend hommage à la plante commune à toutes ces îles qui partagent beaucoup plus de choses au delà de la précieuse vanille. Un écosystème aussi fragile que merveilleuse, des cultures et des traditions aussi diverses que variées, une faune et une flore unique au monde  mais par-dessus tout, les îles Vanille partagent la même volonté de préserver leur pays des influences néfastes du tourisme de masse. Ces îles œuvrent ensemble pour montrer qu’il est possible de conjuguer vacances de rêve, luxe, nature,  tourisme responsable et  l’utile.
 

 


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Mercredi 18 Décembre 2013 - 07:26 Comprendre le touriste chinois.

 



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